brouiller le vol ou cacher la forêt
traquer l'envie
qui trafique la terre
le mal est-il prégnant tel un muscle figé
dans le miroir de l'autre
par cette envie
d'être un oiseau lorsqu'il y a limace

***

le temps s'écoule en pluie
en arasant toute raison
et le ton se dilue
dans ce non-dit où la coulée
phagocyte une trace
il pleut imperturbablement
aux jetées de l'errance

***

ce déluge est image en continu
et sa durée
reflète indéfinie
une houle d'orgueil sans écume d'oiseau
se résume soi-même
se fait durée
sans pesée ni limite à ce qui passe

***
une feuille un regard
et le désir de l'écriture
qui se fonde un support
de ligne en grain de cercle en fruit
dans l'arbre du regard
appelle au jour et pour cueillir
tout le vivant d'un corps

***

dans ce matin et le souffle et ses plumes
et le soleil
tracent un plein navire
éveillent une phrase qui s'était engloutie
le son devient rumeur
sous le soleil
le clapotis des mots se fit audible

Philippe Jones
Extrait de "Le temps hors le temps"